Les Frères Taloche
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Interview des frères Taloche à l’occasion de leur passage à l’Olympia le 13 janvier.
Pour fêter leurs 15 ans, Les Frères Taloche déboulent à l’Olympia le 13 janvier pour une unique représentation. Vincent Taloche nous parle d’humour, d’anniversaire, de la Belgique et de son frère Bruno -l’autre Taloche.
> Retrouvez les Frères Taloche en vidéo sur Pariscope.fr
> Et sur scène le Dimanche 13 janvier 2008 à l'Olympia
Interview réalisée par Marie Périssé
L’Olympia, c’est un beau cadeau d’anniversaire ?
Oui, mais il va falloir le rendre ! C’est un cadeau empoisonné plutôt ! Sérieusement, nous l’appelons « la cerise sur le gâteau » parce que nous voulions marquer le coup pour nos 15 ans... Une apothéose en somme. Nous avons donc conçu une spectacle best of qui regroupe des anciens et des nouveaux sketches. Dommage que l’on ne puisse pas garder ce beau gâteau !
« J’ai encore rêvé d’elle » … votre plus gros succès vous suit depuis le début. Ne commencez-vous pas à vous lasser de l’interpréter?
Plus jamais ! Plus jamais, nous ne le rejouerons ! Mais non… rassurez-vous, nous l’interpréterons à l’Olympia avec toujours autant de plaisir bien sûr. « J’ai encore rêvé d’elle » a quelque chose de magique pour nous, d’une part parce que beaucoup de gens viennent nous voir grâce à lui et d’autre par parce qu’il s’agit de notre premier texte, aussi vieux que nous. Nous l’avons improvisé un jour chez mon frère et plus jamais retouché depuis ! Nous sommes sentimentalement attachés à ce sketch. Il paraît que c’est devenu un classique de l’humour. Cela me touche… mais me vieillit aussi.
Il paraît que ce sketch est inspiré de votre Papa ?
Oui, indirectement. Ce sketch est né d’une envie de traduire une chanson en langage des signes. Un peu comme les journaux télévisés traduits en langage pour sourds et malentendants… Nous voulions faire pareil avec la chanson française. Nous avons écouté des duos, notamment « Paroles, Paroles » avec Alain Delon et Dalida, mais rien de fonctionnait. Un jour, nous avons piqué à notre Papa un CD de reprises de duo et nous l’avons écouté. Nous somme tombé sur « J’ai encore rêvé d’elle », un morceau de 1974 et Bruno s’est mis à improviser le rôle masculin au piano. Comme le rôle féminin n’arrive que très tard, je me suis dit « qu’est-ce que je fous pendant ce temps-là ? ». D’où l’idée que je m’endorme au début et que je soit réveillé par la batterie. Si notre père n’avait pas eu ce CD dans sa collection, le sketch n’aurait jamais vu le jour. Merci Papa !
Nous avez reçu de nombreux éloges, notamment de Gérard Oury. Ça vous fait quoi ?
Quand Gérard Oury est venu nous voir sur scène, nous faisions la première partie d’Anne Roumanoff et nous ignorions qu’il était dans la salle. Que ce Monsieur vienne nous voir, c’était déjà un rêve de gosse qui se réalisait… qui plus est qu’il nous demande de venir chez lui prendre le café (mime du tremblement), et qu’en plus, il nous parraine, c’était vraiment inattendu !
Fonctionnez-vous comme le Clown Blanc et l’Auguste ?
Je dirais oui et non. Nous sommes plus proches des rapports qu’avaient Laurel et Hardy. Dans le Clown Blanc et l’Auguste, le Clown Blanc reste très sérieux. Or, mon imbécile de frère (je peux l’insulter il n’est pas là, j’adore), fait aussi des bêtises. Dans Laurel et Hardy, Laurel fait des bêtises, Hardy croit savoir, mais il en fait aussi.
Lequel des deux déclenche le fou rire en premier ?
Plutôt moi. Notre jeu est tellement bien huilé que nous pouvons nous le permettre. Il y a certains sketchs qui nous laissent une porte ouverte à une petite improvisation, chose que j’adore. J’ai tendance à utiliser un regard, une grimace, mon frère ne s’y attend pas, il craque vite. Je me souviens d’un fou rire pendant le sketch des « Frites », j’ai cru mourir tellement je ne pouvais plus respirer. Mais je ne me souviens plus pourquoi ! A ce moment là, je me suis demandé comment continuer le spectacle. Je n’en pouvais plus, j’en pleurais.
Et un sketch qui a mal tourné ?
Il y en a un, il s’appelle « Les Sports . A l’époque c’était au Blanc-Manteaux, après avoir joué un clubber, mon frère, qui doit rentrer très vite en coulisses, s’est trompé de rideau de sortie et s’est pris un mur en pleine face. Il s’est ouvert le crâne et saignait beaucoup. Du coup, j’ai annoncé l’arrêt du spectacle. Mais les gens ne m’ont pas cru et ils étaient mort de rire.
Quelle est votre grimace préférée ?
Franchement, je n’ai pas l’impression d’en faire. De Funès considérait qu’il ne faisait pas de grimaces, pour lui, il exprimait quelque chose. Comme j’ai un visage très élastique, une expression vaut une grimace pour le public. Je ne m’entraîne jamais, je ne fais qu’exprimer des choses sans savoir exactement la tête que j’ai. Quand je me revois, je dis « Oh, mon Dieu ! ».
L’un sans l’autre ça donne quoi ?
C’est difficile à dire, je n’ai jamais joué sur scène sans mon imbécile de frère. Lui, avait un duo avant. Bien sûr, nous nous connaissions, puisque c’est mon frère. En réalité, je ne sais pas bien ce que cela fait. Nous fonctionnons de manière très complice et très complémentaire. Peut-être que ça arrivera, peut-être pas. Bon là, par exemple, je suis tout seul donc ça se passe plutôt pas mal, non ?
La situation politique compliquée que vit actuellement la Belgique ne vous inspire pas un sketch ?
De loin, c’est vrai, cette situation ressemble à un sketch. Mais comme le disait De Funès « J’essaye de faire des films que les enfants regardent avec leurs parents et non pas le contraire ». Nous nous interdisons toute allusion au sexe, à la religion ou à la politique, parce que ce n’est pas notre rayon et que d’autres font cela très bien. Ce que je peux dire, c’est que nous jouons aussi en Flandre où tout le monde s’entend à merveille.
Que nous réservez-vous pour l’avenir ?
Uniquement des sketchs grossiers, on va se lâcher après quinze ans ! Non, non, ce n’est pas vrai ! Nous allons évidemment créer un nouveau spectacle pour 2009 ou 2010, avec les sketchs que nous avons en réserve et de nouveaux que nous allons inventer. Dans un an, nous projetons de faire un pièce de théâtre, en Belgique, peut-être un vaudeville. On a envie de jouer… pas d’arrêter le duo mais de s’essayer à la comédie avec d’autres acteurs. Nous allons également tâter du cinéma avec un court-métrage burlesque, un mélange de Tati et de De Funès, avec peu de paroles.
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