Jérôme Commandeur Se Fait Discret

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Jérôme Commandeur, sous l'aile de Dany Boon

17/11/2009 - 18h02
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Jérôme Commandeur, sous l'aile de Dany Boon

Les prochaines semaines s’annoncent chargées pour l’humoriste, puisqu’il assure la première partie de Dany Boon à l’Olympia tout en continuant de faire rire la Comédie de Paris. Son plaisir scénique est multiplié par deux.

Propos recueillis par Dimitri Denorme

Votre spectacle a pour titre Jérôme Commandeur se fait discret. A l’Olympia, c’est difficile…

Sans fausse modestie, cela reste avant tout l’Olympia de Dany, pas le mien. J’ai toujours trouvé que l’exercice des premières parties était quelque chose de difficile. Les spectateurs viennent applaudir le spectacle d’un artiste et, en même temps, ils découvrent un autre mec en ouverture… En réalité, cela me fiche une trouille énorme. Mais je me dis que Dany n’est pas fou et que, s’il me l’a proposé, c’est qu’il avait une bonne raison. C’est plutôt rassurant [rires] !

En parallèle, vous continuez de jouer à la Comédie de Paris…Oui, c’est la deuxième saison. Le spectacle évolue dans la continuité. On a gardé l’essentiel et on l’améliore. J’ai ajouté quelques sketches sur l’iPhone et Facebook, qui ont eu un beau succès sur le Net. Ce que je vis à la Comédie de Paris est super gratifiant pour moi car les spectateurs ne viennent pas voir un spectacle d’humour parmi d’autres, mais Jérôme Commandeur. L’intérêt pour Dany était de me voir dans une boîte noire, c’est-à-dire un vrai théâtre avec une scène, un cadre et un rideau.

Comment vous êtes-vous rencontrés avec Dany Boon ?
Très simplement. Il était invité sur une radio où je donnais des sketches. Il m’a dit qu’il aimait ce que je faisais. J’ai d’abord pensé que ce n’était que par pure politesse, mais, un mois plus tard, on travaillait ensemble. C’est extrêmement rapide, surtout quand on connaît l’inertie du milieu quand il s’agit de monter un projet. Pour moi, cette rencontre a été quelque chose d’énorme…

Que vous a-t-il apporté à la mise en scène ?
Avant tout, il m’a conseillé de penser à moi, de me faire confiance et de ne surtout pas m’angoisser. En même temps, il a précisé qu’il ne fallait jamais verser dans la facilité ni être complaisant avec soi-même. Dany a un véritable avis sur le métier. Il est sans concession et juste. C’est un fin observateur qui réfléchit sur les carrières des uns et des autres à la lumière des échelons qu’il a lui-même franchis. Les gens pensent à tort qu’il a été très interventionniste dans mon spectacle et qu’il a même écrit des textes. Il m’a surtout empêché de tomber dans les travers qu’ont souvent les humoristes émergents, à savoir une tendance à s’engluer dans un humour alambiqué. Son regard a élagué, simplifié et fluidifié le spectacle.

Dans vos textes, on ressent particulièrement le soin que vous apportez aux détails…
J’essaie de garder deux axes dans mon travail : des sketches contemporains, dans l’air du temps, et puis aussi une galerie de portraits plus acides. J’espère arriver à une forme d’équilibre. S’il y a trop de l’un et pas assez de l’autre, c’est préjudiciable. On court le risque d’un spectacle trop rond, sans saveur ni odeur, et le public le ressent vraiment. Contrairement à la télé, la scène permet de présenter des personnages plus fouillés. Quand j’écris, je pense à ce que j’ai vécu. Mon père pouvait passer des heures à discuter de détails, de choses sans importance. On ne sait pas à quel point cela peut être nourrissant. Jusqu’au jour où l’inconscient devient conscient. Les détails sont très révélateurs des personnalités, du coup, j’en use et j’en abuse !

L’important, quand on est humoriste, c’est d’avoir un univers bien à soi…
Il y a vingt ans, les grands humoristes comme Palmade, Robin ou Bigard baladaient leurs sketches comme des tubes. Puis a suivi une autre période où les gens s’attachaient plus à la personnalité de l’artiste. C’est le cas pour Elmaleh, Dubosc et Jamel. Aujourd’hui, il est essentiel de pouvoir être identifié par rapport à son travail. Ce qui est important pour moi et dont je suis fier, c’est d’avoir une véritable image de scène. Il y a tout un travail à effectuer pour y parvenir. Quand tu te fais remarquer par un « buzz » et que tu n’as pas un solide spectacle à présenter au public, tu cours à l’échec. Il ne faut pas décevoir les spectateurs qui sont venus te voir.

Jérôme Commandeur se fait discret à la Comédie de Paris, du mardi au samedi à 21h30.

Dany Boon à l'Olympia, du 18 novembre au 20 décembre.

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