Le Comique

Le Comique

Pierre Palmade: vous avez dit comique?

08/10/2008 - 15h49
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Pierre Palmade: vous avez dit comique?

 

 

S’inspirant d’un sujet qu’il connaît bien, lui-même, il s’est écrit une comédie qui promet d’être assez décomplexée. Pour la première fois, il s’est entouré d’une troupe composée de sept jeunes comédiens doués. Ce spectacle marquera certainement un tournant dans sa carrière.

Propos recueillis par M-Céline Nivière

 

« Le comique », le titre de votre spectacle, a plus d’un sens. Etre catalogué comique n’a rien de joyeux ?

 

C’est surtout réducteur. Etre considéré comme un comique est bien sûr un titre de gloire au début mais on souffre très vite de ne pas être émouvant. Il y a toujours une pointe de jalousie envers les tragédiens. A 40 ans, je m’autorise une dimension plus profonde, je cherche des raisons émouvantes d’être drôle. C’est ça en fait. Le titre est donc ironique et je mise sur l’intelligence du spectateur pour le comprendre.

 

 

Un des thèmes de la pièce est que l’on peut mettre en danger sa carrière à un moment parce que des choses extérieures vous font perdre pied ?

 

Mon personnage se fatigue dans les nuits parisiennes et, tout comme moi à une époque, met sa carrière en danger. J’ai rendu ce danger plus menaçant dans la pièce qu’il ne l’a été en réalité mais il n’y a pas de secrets : il faut être en forme pour bien faire ce métier. En très grande forme. Et c’est là où l’entourage se met à compter. S’il vous protège trop, vous ne vous rendez compte de rien et c’est le début d’une lente agonie. Alors c’est l’orgueil de ne pas décevoir le public qui peut vous sauver, mais aussi la gentillesse de ne plus inquiéter ceux qui vous aiment. La pièce parle de tout ça en tentant d’être drôle tout le temps.

 

 

 

Cette pièce est basée, comme beaucoup d’œuvres, sur le « mentir-vrai » ?

 

Je veux que ceux qui ne s’intéressent pas à la vie de Pierre Palmade ou qui ne la connaissent pas puissent s’amuser comme devant n’importe quelle pièce. Si je ne cache pas qu’elle est relativement autobiographique c’est pour y mettre le poids de la vérité, non pas pour étaler ma vie sur scène. Sinon ce serait indécent, nous sommes bien d’accord. Un de mes souhaits est que dans vingt ans, d’autres joueront ce texte. Car c’est avant tout une pièce. Quant au genre, je suis allé vers celui que j’affectionne depuis toujours, le boulevard. Il y a des portes qui claquent, des quiproquos…

 

 

Vous avez souvent écrit pour vos aînés, là, vous avez écrit pour vos benjamins. Que s’est-il passé ?

 

Nous sommes dans une époque où je trouve que ce sont bien souvent les artistes les plus arrogants qui se mettent dans la lumière. Ceux de ma troupe ont un tout autre état d’esprit. Ce sont des trentenaires, de véritables bêtes de scène, qui jouent avec sincérité de leur vis-comica. Il faut voir ce dont ils sont capables. Ils ont une personnalité inimitable, tiennent des propos étonnants et, surtout, ils sont chics. Leur jeu élégant provoque un rire subtil. Ils sont très intègres. Dans ce projet, ils vont pouvoir montrer qui ils sont. J'ai même laissé à certains (Bilco et Arnaud Tsamère) la liberté d’écrire une partie de leur texte. Et ça s’intègre parfaitement dans le mien. Ils toucheront évidemment des droits d’auteurs.

 

 

 

Comment les avez-vous rencontrés ?

 

Il y a deux ans, me sentant seul, j’ai souhaité m’entourer d’une jeune troupe. J’ai fait passer des auditions et j’ai parcouru les cafés-théâtres. Ces sept-là m’ont fait rire plus que les autres, m’ont touché et sont devenus des amis. J’aurais adoré commencer ma carrière avec une troupe, je crois, si le one-man-show ne m’avait pas happé. Ce qui est touchant, c’est leur reconnaissance. Ils ont des mercis pleins les yeux. Je suis largement remboursé de cette main tendue.

 


Vous auriez pu faire appel à un vieux routier de la mise en scène, or votre choix s’est posé sur un drôle de loustic talentueux, Alex Lutz, pourquoi ?

 

Alex, c’est comme un petit frère. C’est Sylvie Joly qui me l’a présenté. Or, quelqu’un qui fait rire Sylvie va forcément me faire rire. Il fait partie de la troupe mais a préféré nous mettre en scène car il joue avec succès son one-man-show en ce moment au Point-virgule. Il nous fait faire un travail d’acteur formidable d’autant qu’il nous connaît tous très bien. Il m’est indispensable car il sait faire le relais entre l’auteur et l’acteur. Il travaille avec beaucoup de rigueur et de psychologie. Ce qui est sûr, c’est que quand quelque chose ne nous fait pas rire, on ne le fait pas. Nous formons tous une famille très exigeante.

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