Une Souris Verte

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Raphaëlline Goupilleau, Molière de la révélation théâtrale

28/04/2008 - 11h55
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Raphaëlline Goupilleau, Molière de la révélation théâtrale

Dans la vie, raphaeline Goupilleau vient de recevoir le Molière de la révélation théâtrale. Dans Une Souris verte, la pièce de Douglas Carter Beane, adaptée par Jean-Marie Besset et mise en scène par Jean-Luc Revol, elle est Diane, une inénarable agent de star. Impossible de résister au plaisir de s’entretenir avec cette délicieuse comédienne qui sait autant nous toucher que nous faire rire. On appelle ça un coup de cœur, non ?!

Propos recueillis par Dimitri Denorme

Diane est aussi cassante qu’elle adore le pouvoir. C’est sûrement un régal de jouer un personnage aussi caricatural ?
C’est absolument merveilleux ! C’est la première fois que je suis confrontée à un personnage qui a un tel pouvoir. Elle s’est forgée un sacré caractère et a dû faire des sacrifices personnels et des choix. Elle a une totale influence sur son poulain et adore ce qu’elle fait, d’où son assurance. Il y a aussi tout l’ultra puritanisme de la société américaine. C’est féroce. D’autant plus que ça pourrait exister dans tous les milieux professionnels.

Ce personnage haut en couleur, vous êtes allé le chercher où ?
Au début, j’étais très impressionnée car il n’y a pas de référence, si ce n’est les grandes actrices américaines. Mais n’est pas Glenn Close ou Michelle Pfeiffer qui veut ! Avec l’âge, on apprend à faire confiance au texte. Bien sûr, on veut le jouer, mais il faut savoir s’effacer. La pièce a été tellement bien adaptée par Jean-Marie Besset qu’il n’y a qu’à lire le texte ! Après, la chance c’est de pouvoir oser apporter un peu de soi. A partir de 40 ans, les personnages ont un vrai vécu. Donc c’est à nous de le leur remplir avec nos propres histoires, nos multiples tiroirs. C’est pour cela que je voulais que Diane ait un grand sac : pour y transporter sa vie !

Plus la pièce avance, plus on est suspendus à vos répliques cinglantes. Vous ressentez cette attente du public ?
Oui ! Diane est très cynique, et elle possède l’art de la manipulation. En une seule phrase, elle peut tout faire basculer. Au début du deuxième acte, quand elle arrive sur scène derrière son bureau je sens que les spectateurs se disent : « Mais qu’est ce qu’elle va faire ? Qu’est ce qu’elle va dire ? ». C’est génial de jouer un personnage qui est adoré par le public ! C’est surtout un beau cadeau !

Quand Raphaëline quitte les habits de Diane, elle se dit quoi ?
Je mets très vite mon personnage de côté. Je ne suis pas de ces comédiens qui ont du mal a quitter un rôle. Jouer sur scène chaque soir, c’est une vraie chance. On change de peau, et on peut tout lâcher. On se sert de ce qu’on vit au quotidien : les joies mais aussi des malheurs. Et quand on est triste, jouer c’est toujours mieux que d’être seule chez soi ! Ca empêche de ressasser.

Qu’est ce qui vous a le plus effrayé chez Diane ?
J’ai eu peur devant le nombre de monologues ! Je me souviens m’être dit : « ce rôle est super mais elle est tout le temps toute seule » ! Le monologue, c’est la grande solitude du comédien. Puis, petit à petit les angoisses s’effacent. De toute façon, le metteur en scène est là pour nous tenir par la main.

Votre rapport avec les agents a changé depuis que vous en incarnez une ?
(Rires) C’est eux qui ont changé ! Ils viennent au théâtre pour voir comment Diane gère son acteur et ses soucis et prendre des notes sur son cynisme. C’est un joli compliment, non ?

La pièce traite aussi le problème de la médiatisation. Au théâtre, elle est moins violente qu’au cinéma ?
Oui, parce qu’on ne parle pas des mêmes sommes, des mêmes cachets. Et c’est tant mieux d’ailleurs ! Il y a une grande liberté au théâtre. Au cinéma, la caméra impose le personnage à l’écran. Au théâtre, le spectateur fait ce qu’il veut et regarde qui il veut. C’est lui qui décide. Tous les rôles sont indispensables : être sur le plateau et écouter, c’est aussi important que parler.

Aujourd’hui, vous rêvez de quel rôle ?
Je n’ai jamais su répondre à cette question. Mais mon rêve reste la découverte. Un jour j’aurais peut-être la chance de jouer Pinter… Le fait de pouvoir jongler entre les classiques et des pièces contemporaines est un bonheur !

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