Fame

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Stéphane Laporte : l'adaptateur fétiche des comédies musicales.

19/03/2008 - 11h13
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Stéphane Laporte : l'adaptateur fétiche des comédies musicales.

Il est l’un de nos meilleurs auteurs et adaptateurs spécialisés dans le spectacle musical. Rien que pour cette année on lui doit l’inégalable « Panique à bord » qui fut joué quatre mois au Vingtième théâtre et que l’on espère revoir vite sur une autre scène, l’excellente adaptation du « Roi Lion », et maintenant de « Fame » qui débute dans quelques jours.

Propos recueillis par M-C. Nivière

Comment êtes-vous tombé dans le musical ?
Je suivais des études de cinéma aux Etats-Unis, un cursus de trois ans. Il y a eu dans mon université une création de « Nine ». Je suis tombé amoureux de l’œuvre et du genre. Cela peut paraître vain, un peu prétentieux, mais je me suis dit que ce serait bien de faire retomber en amour le public français avec ce genre qu’il connaît finalement bien. J’ai débuté à l’opéra de Liège avec « Titanic », puis il y a eu « Certains l’aiment chaud », « I do, I do » et surtout « Le violon sur le toit ».

Pour un « musical » l’écriture demande une oreille musicale ?
Je répondrais oui. Pour adapter une comédie musicale, il faut être aussi parolier. Je pense qu’il y a un lien entre la parole et les chansons. Elles doivent permettre à faire avancer l’action. Donc il faut une cohérence entre les deux. Effectivement il faut une oreille musicale, car on ne parle pas comme on chante. Quand j’écris les paroles, je chante toujours en même temps. C’est important parce que le français est une langue truffée d’accents toniques. Il suffit d’un accent mal placé pour que le public entende mal une phrase. Cela doit couler. Le plus grand compliment pour moi, c’est lorsque l’on me dit : « Pas possible, cela a été écrit directement en français ! »

L’adaptation, c’est une promenade entre fidélité et création ?
Exactement. Pour « Le Roi lion », la mise en scène et la chorégraphie existaient déjà et j’ai dû me glisser dedans. Pour « Fame » c’est l’inverse. C’est une création. Dans « Fame », il y a plus de Laporte que dans « Le Roi lion » où chaque mot doit coller au geste près, à la mise en scène déjà établie par Julie Taymor. Pour « Fame », c’est l’inverse. Et en plus, je travaille en collaboration avec le metteur en scène Ned Grujic et les artistes.

« Fame » est une série télévisée culte américaine des années 80. Alors 20 ans après et sur une scène française, cela donne quoi ?
Déjà, on a laissé ça dans les années 80. D’abord parce que l’école a fermé en 84. La mise en scène et la chorégraphie, en revanche, sont très modernes. Du coup, le côté un peu désuet de la série a disparu. « Fame » une chronique de ce qui se passe dans une école. La chronique est le genre anti-théâtral par excellence. Avec Danielle Mathieu-Bouillon, nous avons énormément étoffé le texte. Ce fut une belle rencontre entre nous et une collaboration idyllique. Nous avons écrit le livret comme on fait une partie de ping-pong. On a développé, entre autres, le rôle du professeur de musique, que tient Patrice Dozier, un des formidables comédiens qui font partie de notre troupe. Les conflits entre élèves, entre élèves et professeurs, et entre professeurs ont été gardés et étoffés.

A l’époque de la création de « Fame », il n’y avait pas de « Star Ac’ » ni de « Nouvelle star ». C’était une école et pas une loterie.
Le film date de 1980, la série de 1984 et le musical de 1994. « Fame », c’est de la sueur, des répétitions à outrance jusqu’à ce que le métier rentre. Les mômes venaient à l’école pour devenir des stars, mais découvraient vite qu’être artiste est un dur métier.

Une tradition tenace dit que la comédie musicale ne marche pas chez nous. Vous en pensez quoi ?
A ma grande satisfaction, cela marche de plus en plus. « Cabaret » a tenu 15 mois. « Le Roi lion » a vendu à ce jour plus de 250 000 billets. Et je ne vous cache pas que les réservations ont déjà bien démarré pour « Fame ». Le public redécouvre ce genre. A sa décharge, dans les années 70 à 90, on lui a servi pas mal de « daubes ». L’essentiel, à savoir le texte, était négligé. Chez les Anglo-Saxons, si le livret n’est pas bon, ça ne marche pas. Le musical est un genre théâtral à part entière, et la France prend ce même chemin. Aujourd’hui, quand notre public veut voir du bon théâtre, il inclut le musical dans les options de sortie qui lui sont offertes.

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