Littoral, Incendies, Forêts (En Intégrale)

Littoral, Incendies, Forêts (En Intégrale)

  • Spectacle
  • Critiques (2)
  • News (2)
  • Vidéos (1)
  • Distribution
  • Dates de tournée

Wajdi Mouawad : si l'on devait n'en retenir qu'un Seul...

28/10/2008 - 12h53
  • 0
credit Barsetti


Il est l’un de nos plus grands auteurs de théâtre francophone. Nous tenons à ce terme, car il est né au Liban, et après un passage en France, s’est installé à Montréal. Nous l’avons rencontré cet été au festival d’Avignon où il donnait sa pièce « Seul(s) ».

par Marie-Céline Nivière

L’écriture théâtrale, la mise en scène est venue comme une nécessité ?

En réalité, elle est venue étrangement, par amour du monde des adultes. Enfant, puis adolescent, j’étais curieux du monde des adultes. Je voulais y appartenir. Les adultes étaient des gens par qui l’art passait. Il était important d’adhérer à ce monde. J’étais surtout entouré d’adultes qui lisaient et du coup j’ai beaucoup lu. J’éprouvais de l’amour, de l’amitié pour ce que je lisais. L’envie de faire la même chose est née de ce terreau de fascination. Cela a révélé des choses au jeune adulte que j’étais. Je me suis pris en main. J’ai fait une école de théâtre, monté mes propres textes. C’était une appropriation féroce.

Les spectacles de Robert Lepage, grand metteur en scène québécois, ont été pour vous un déclencheur ?

Cela a été un choc. Avec « La trilogie des dragons », j’ai compris que l’on pouvait tout faire au théâtre, qu’il y avait une liberté. Lepage sait faire du théâtre avec tout, avec rien. L’imagination consiste à utiliser ce que l’on a sous la main. Quelqu’un qui manque d’imagination, c’est quelqu’un qui ne se sert pas de ce qu’il a sous la main.

Vos origines vous ont amenées à parler de l’homme, de sa destinée ?

L’homme est au centre, la destinée est venue peu à peu. Il y a eu « Willy » (« Willy Protagoras enfermé dans les toilettes » écrit au lycée, ndlr), puis ma seconde pièce « Journée de noce chez les Cro-Magnon » qui parlait de famille et de mariage. Dans les didascalies, j’avais écrit « Bombe au loin ». C’est là que la guerre est entrée, ce n’était qu’un détail. J’ai compris alors que j’avais connu la guerre. Pour moi, jusqu’à ce moment-là, ce n’était que pour ceux qui étaient restés au Liban. Les souvenirs sont revenus. Ce fut un choc. Il y a eu ensuite « Littoral » et « Incendies ». C’est avec « Littoral » que la guerre est entrée dans mes pièces. La guerre, c’est à la fois le collectif et l’intime qui se confondent, entrent en collision. Ma question est de savoir comment être heureux personnellement quand le collectivement ne va pas. L’histoire de notre intime est aussi complexe que l’histoire collective. Dans les histoires que je raconte, je pose les questions : Jusqu’où cela peut aller ? Comment consoler, colmater ?

Jouant sur le « Mentir-vrai » cher à Aragon, « Seul(s) » est une pièce plus intime ?

Harwan est un type un peu triste qui, dans la seconde partie, dévoile ce qu’est réellement sa vie. Il voulait peindre, être peintre et il allait passer à côté de ça. On a tous la possibilité d’avoir une vie enchantée. Il y a à la base un rêve d’enfant. Que s’est-il passé pour que des gens ne vivent pas cette vie, mais la subissent ? Deux tiers des nôtres vivent dans le banal. Je n’accepte pas que l’on dise que le rêve n’appartient qu’à l’enfance. Non, possède ta vie, c’est ça ton destin !

Cette fois-ci vous allez au plus profond de l’homme, allant jusqu’à ce qu’il se passe dans son cerveau ?

C’est incroyable de faire des choses sans parler, surtout pour moi qui fait des pièces de quatre heures ! La parole est le lieu de la folie. Le silence, lui, fait ce qu’il doit faire. Les gestes arrivaient, il n’y avait plus rien à dire, juste à faire.

Le passage de la peinture, qui a son importance, où votre personnage se lance, se déchaîne, peignant sur lui, sur les murs avec la rage du désespoir, suscite un débat ?

On est dans l’extrême, dans une sensation. Qu’est-ce que c’est ? Pourquoi ? Quelque chose nous a échappé… Je pense que c’est quelque chose de cet ordre-là que ressent le spectateur. Il y a un décalage. La pièce a deux lectures, mais sans la peinture, cela ne tient pas. C’est pour cette raison que je ne souhaitais pas éditer le texte uniquement sans que la peinture, le dessin et des commentaires concernant la création s’y mêlent. D’ailleurs, c’est toujours difficile pour moi d’éditer mes textes tels qu’ils sont, car il y a un lien très étroit entre eux et la mise en scène. C’est pourquoi, pour « Incendies » et « Forêts », j’ai recomposé, afin d’offrir un texte où le lecteur a un accès plus large. Et puis, il me fallait libérer le futur metteur en scène qui s’emparerait de mes pièces !

Le Québec nous offre en ce moment de grands auteurs, il y a bien sûr Lepage, vous, mais aussi Daniel Danis, et j’en oublie, qu’elle est la source de ce vivier ?

Je dirais que là-bas la langue est importante parce que menacée. C’est Michel Tremblay qui a donné naissance à tous ces auteurs. Dans un contexte où la langue est minoritaire, cette langue devient très forte.

Ils ont aimé
Sur scène
  • Une Puce, épargnez-la Théâtre Comédie française - Théâtre Ephémère Paris > Réserver
  • Jean Louis Fernandez Temps Théâtre
    Théâtre contemporain
    Théâtre national de Chaillot Paris > Réserver
  • Contre Les Bêtes Théâtre Maison de la poésie Paris
  • Caroline Vigneaux Quitte La Robe Théâtre
    One man show
    Palais des Glaces Paris > Réserver
  • How To Become Parisian In One Hour ? Théâtre
    One man show
    Théâtre de la Main-d'Or Paris > Réserver
  • David Buniak - Plein de vies Théâtre
    One man show
    Théâtre de Dix-Heures Paris > Réserver
  • Tezuka Productions Sidi Larbi Cherkaoui - TeZukA Danse Grande Halle de la Villette Paris > Réserver
  • Blaze Danse Le Grand Rex Paris > Réserver
  • Bernt Uhlig / Opéra national de Paris Ballet De L'Opéra National De Paris : Sasha Waltz Danse Opéra-Bastille Paris > Réserver
> Tous les spectacles à l'affiche
Coups de coeur
  • Fred Kihn Réserver Une Mouette Théâtre
  • Réserver Si ça va, bravo Théâtre