La Maison du peuple - Michel Cerda

23/08/2007 - 11h46
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- Lire le journal de bord complet du Festival Frictions 2003.C'est donc doucement qu'on se réaccoutume à une scénographie classique figurant ce qui semble être cette fameuse maison du peuple, abandonnée, livrée à une poussière ressemblant étrangement à de la neige, inspirant la nostalgie des lieux vides.De ce souvenir en voie de reconversion vont surgir des formes passées, théâtre amateur, imaginaire populaire, bals de village, tout ce que renfermait cette bâtisse érigée comme des centaines d'autres en France par le Front Populaire de 36 avec le rêve humaniste d'en faire le lieu de rassemblement de tous et pour tout. Une fois fermée donc, les secrets qu'elle renfermait n'y sont pas bloqués, mais se déplacent au contraire dans les mémoires de chacun, puisque comme le souligne Michel Cerda, « en chacun de nous sont enfermées en toute liberté des histoires qui appartiennent à tout le monde ».Tout au long de la pièce, ce seront donc des fantômes que nous verrons errer, mais aussi des hommes bien vivants, pétris de souvenirs, d'une nostalgie touchante mais dont on finira tout de même par s'inquiéter.Car c'est tout l'aspect paradoxal de ce spectacle, mais surtout du texte, usant d'une construction débridée, faite de séquences enchevêtrées avec parfois, des passages d'une grande aridité formelle et textuelle, tout ça en faisant l'apologie d'un théâtre de la naïveté et des festivités populaires d'antan. Durif ne semble pas savoir sur quel pied danser, et si Michel Cerda, de son côté, a pris le parti de la célébration, cela ne réussit pas à nous faire oublier que nous sommes définitivement devant ce type de théâtre contemporain qui ne sait pas très bien s'il se sent mieux avec Malraux ou les pavés de 68, si réellement il existe une Culture et une culture, si vraiment la recherche formelle est incompatible avec les pulsions festives et divertissantes, thématique qui sera d'ailleurs largement abordée dans la suite du festival.Bilan mitigé au niveau du fond donc, mais bonne pièce tout de même que des comédiens en grande forme réussissent à porter au delà de ses complexes.On regrette simplement que personne ne songe un jour à dire à quel point il arrivait aux bals populaires d'être aussi pénibles que l'hermétisme actuel et aux pièces amateurs d'être tout aussi interminablement ennuyeuses.Cela permettrait peut-être d'ouvrir réellement un débat, et de présenter quelque argument un peu dépoussiéré, mais il semblerait que ce type d'attitude, dans les bataillons de nostalgiques du Labiche monté avec des décors en carton, tout le monde semble malheureusement l'avoir oublié…La Maison du peuplede Eugène Durifm-e-s : Michel CerdaFestival Frictions 2003TDB-CDN DijonDu 26 mai au 5 juin 2003

- Le journal de bord du Festival Frictions 2003.- Le site du Théâtre Dijon Bourgogne.

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