Le Rideau de fer - Béatrice Houplain
- Lire le journal de bord complet du Festival Frictions 2003.Inspirée du documentaire Reprise de Hervé Le Roux (lire l'interview), Béatrice Houplain imagine une suite au destin de cette jeune ouvrière des usines Wonder refusant de retourner au travail après les grèves de Mai 68. Elle la rêve oubliée, derrière le rideau de fer, celui qui se ferme dès lors qu'on renonce à se battre.Au moment où commence le texte, l'héroïne n'est donc à peine plus qu'une voix, gutturale tout d'abord, et multiple, explosée dans les corps de trois comédiennes somnambuliques qui finissent peu à peu par se rapprocher, se rejoindre, et prendre vie pour élaborer un langage de plus en plus cohérent.Sur cette idée de mise en scène assez simple viennent se greffer des séquences plus ou moins réussies évoquant sans tenter de la décrire la condition de l'ouvrière prise dans le rythme de la chaîne, des moments de pause chronométrées à la sensation d'être l'engrenage indispensable au processus sans lequel il serait probablement plus simple de ralentir, voire de tout arrêter.Malheureusement, plus que le corps, c'est la voix qui est explorée ici, composante importante du théâtre certes, utilisée avec souvent une belle virtuosité technique, mais qui aurait peut être méritée d'être portée par d'autres corps que celui de ces trois charmantes jeunes filles censées figurer l'image de la femme brisée par la machine. On a beau être compatissant, on n'y croit pas trop Ce qu'on retiendra en revanche, c'est un passage faisant intervenir l'outil vidéo et son utilisation par les comédiennes d'une manière si ludique qu'elles parviennent à dédramatiser l'objet ainsi que leur propre image, illustrant ce que nombre de théoriciens des nouveaux médias identifient comme l'une des manières de lutter contre la déshumanisation qui nous guète (on ne parle pas encore de désincarnation) par le jeu et le dévoilement de l'intimité, même si ces concepts, rhizomes y compris, sont encore âprement débattus.Spectacle difficile donc, duquel il est aisé de se désintéresser, mais dont la problématique, pour le moment, nous semble assez bien cadrer avec la proposition de ce festival, en faisant remonter à l'automatisation les enjeux qu'il nous faut aujourd'hui prendre en compte ou poser encore aujourd'hui les questions soulevées par Hanna Arendt dans La condition de l'homme moderne :"C'est une société de travailleur que l'on va libérer des chaînes du travail, et cette société ne sait plus rien des activités plus hautes et plus enrichissantes pour lesquelles il vaudrait la peine de gagner cette liberté."Que du chemin ait été parcouru depuis ce livre est une chose, mais il ne nous paraissait pas inutile de le faire simplement remarquer.Le Rideau de fer Ecrit et m-e-s par Béatrice HouplainFestival Frictions 2003TDB-CDN DijonDu 26 mai au 5 juin 2003
- Le journal de bord du Festival Frictions 2003.- Le site du Théâtre Dijon Bourgogne.
- Les plus populaires
- Les plus récents
- Les plus anciens
-
Une Puce, épargnez-la Théâtre Comédie française - Théâtre Ephémère Paris > Réserver -
Vous Avez Quel Âge ? Théâtre Théâtre de Paris Paris -
Temps Théâtre
Théâtre contemporain Théâtre national de Chaillot Paris > Réserver
-
Kev' Adams - The Young Man Show Théâtre
One man show Le Silo Marseille > Réserver -
Mathieu Madenian Théâtre
One man show Théâtre Trévise Paris > Réserver -
Lamine Lezghad Théâtre
One man show Théâtre le Temple Paris > Réserver
-
Josette Baïz - Les 20 ans de Grenade Danse
Danse contemporaine Théâtre de la Ville Paris > Réserver -
Peeping Tom - A louer Danse
Danse contemporaine La Rose des vents Villeneuve-d'Ascq -
Philippe Decouflé - Panorama Danse La Passerelle Saint-Brieuc > Réserver
-
Réserver
Une Mouette
Théâtre -
Réserver
Si ça va, bravo
Théâtre
