Un week-end à Gand

13/09/2007 - 17h57
  • 0
Un week-end à Gand

- En Avant ! (traduction littérale) Vooruit ! Gand cultive ses contradictions. Gouailleuse et friquée, elle revendique une tradition ouvrière et contestataire mais assume aussi son statut de cité provinciale douillette et branchée. Plus qu'aucun autre lieu, le Vooruit, ancienne coopérative ouvrière du parti socialiste flamand devenu repaire arty bouillonnant, incarne les paradoxes de la ville natale de Charles Quint. Par sa programmation aussi exigeante que transdisciplinaire, la notoriété et l'influence de ce Centre d'Art ont largement passé les frontières. Ses quatre salles et son bar-restaurant ouvert chaque jour jusqu'à point d'heure, accueillent chaque année près de 2000 événements.Juste à côté de l'entrée du Vooruit se trouve le QG de Use-It. Autoproclamé « service touristique pour jeunes nomades », le site offre à foison bons plans et clefs insolites pour découvrir Gand côté arts et côté nuit.[illus. : Le Vooruit depuis la Bagattenstraat. Photo JC]Info : Kunstencentrum Vooruit, Sint-Pietersnieuwstraat 23, 9000 GentT. 09 267 28 20 F. 09 267 28 30 E. info@vooruit.be- L'irrévérence comme crédo Victoria et Les Ballets C de la B Si la vie artistique gantoise est autant portée vers les chemins de traverse, c'est entre autres grâce à Victoria. Cette « écurie » de théâtre expérimental n'est pas vraiment une compagnie, plutôt une plateforme de production où de jeunes artistes ou collectifs viennent fourbir leurs spectacles. Victoria a produit ces dernières années quelques perles, comme Ubüng de Joss de Pauw en 2001, ou White Star de Lies Pauwels en 2002. Outre ces metteurs en scène, Victoria travaille en ce moment avec les chorégraphes Ben Benaouisse et Pol Heyvaert, et le vidéaste Nicolas Provost. Mais cette « fabrique artistique » a aussi été un cheval de Troie pour la scène flamande à l'étranger, en France particulièrement, en étant le partenaire majeur d'Alain Platel à l'époque de Bernadetje (1996) et Tous des indiens (1999).Quand ce dernier fonde les Ballets Contemporains de la Belgique en 1984, le paysage chorégraphique en Belgique, c'est surtout Maurice Béjart à Bruxelles. Mais toute une génération est déjà au travail : Jan Lauwers, Anne Teresa De Keersmaeker, Jan Fabre et Wim Vandekeybus, pour ne parler que des plus connus aujourd'hui. Si la compagnie est aujourd'hui une des plus diffusées au monde, elle garde Gand comme épicentre, Platel revendiquant toujours fortement le lien au bercail : « La genèse des Ballets C. de la B. est indissociable de la ville de Gand. Cet humus a joué un rôle crucial. Il y régnait une mentalité que l'on retrouvait également chez les gens de Victoria : faire du chahut avec les moyens du bord ». Toujours dirigés par Platel, les Ballets C de la B fonctionnent aujourd'hui avec plusieurs autres chorégraphes : Sidi Larbi Cherkaoui (Foi, Tempus Fugit, d'avant), Hans van den Broek (Almost dark et Lac des Singes), Koen Augustijnen (Bâche) et Christine de Smet (9 x 9)[illus. : Koen Augustijnen, Bâche, 2003 ; Joss de Pauw, Übung, 2001 ; Lies Pauwel, White Star, 2002. Photos Phile Deprez]- L'art contemporain entre gifle et baiserS.M.A.KEn néerlandais, le mot « Smak » est l'onomatopée qui illustre à la fois un coup de poing et un bisou. Le Musée d'Arts Contemporain de Gand porte aussi bien ce nom, car sa visite peut se révéler tant exaspérante que séduisante. C'est d'emblée ce dernier sentiment qui prévaut face à la richesse du fond qui, s'il accorde une large part aux stars des années 80 (Gilbert et Georges, Hans Haacke, Art & Languages), est de tout premier plan par le nombre et la qualité de pièces d'artistes comme Joseph Beuys ou Panamarenko. L'Arte Povera, et les différents courants minimalistes sont également très bien représentés. Mais on ne peut que regretter la muséographie brouillonne d'une grande part des collections permanentes. Quand elles ne sont pas trop éclairées, ou pas assez, les oeuvres souffrent de mises en regard incongrues ou obscures. Ni vraiment historique ou classé par courants comme à Beaubourg, ni thématisé et scénarisé comme à la Tate Modern, l'accrochage peine vraiment à faire sens. Une négligence doublement préjudiciable, d'abord, comme manque d'affirmation claire et critique dans la présentation des oeuvres. Mais en ne facilitant pas l'accès à des oeuvres qui ne sont, déjà, en elles mêmes pas toujours limpides, c'est surtout une certaine marque de désinvolture à l'égard du public.[illus. : Jan Fabre, De man die de wolken meet (l'homme qui mesure les nuages), 1998 ; David Hamons, Chasing the Blue Train, 1989. Photo DR] + d'info : S.M.A.K. Stedelijk Museum voor Actuele Kunst, Citadelpark, B-9000 Gand T : +32 (0)9 221 17 03 | F: +32 (0)9 221 71 09 - Fourmis dans les jambes : Les Fêtes de GandComme toutes les villes du Nord, Gand aime faire la fête. Avec une telle démesure que Lillois et Bruxellois viennent depuis longtemps y passer leurs nuits blanches. Le meilleur moment pour plonger dans le chaudron, c'est fin juillet, pendant Les Fêtes de Gand. Ces dix jours de furie font songer à une "fête de la musique" qui aurait oublié de s'arrêter, avec théâtre de rue, jazz à toutes les sauces, et un gigantesque raout electro et techno, les 10 days off. [illus. : Fête de Gand 2004 Photo Stad Gent] … - Fourmis dans les jambes (2) :Nuit & Clubbing Toute l'année, la ville montre un goût immodéré pour le dance floor et ignore les heures de fermeture. Tandis qu'Anvers, la grande soeur du nord, devenait courant 90 un creuset rock bouillonnant avec Deus, Zita Zwoon et Venus, la cadette voyait naître I love techno, un festival de musiques électroniques de premier plan en plein mois de novembre, et un nombre de clubs impressionnant. Le plus connu est le Culture Club. Ouvert en 2001, le lieu est rapidement devenu incontournable pour les sets déchaînés des frères Dewaele (Soulwax et 2 Many Djs), longtemps résidents. On peut aujourd'hui trouver l'ambiance tiédie et vaniteuse, et préférer les nuits chez Koss Mozz, Decadance ou Democrazy, bien plus rigolotes et déjantées.[illus. : Vitalic@CultureClub, avril 2005 Photo Jacob Lorré ; David Hamons, Chasing the Blue Train, 1989][1] : À bientôt ![Illustration (top) : Les façades du Graslei (le quai aux herbes). Photos JC]

Ils ont aimé
COMMENTAIRES
Connectez-vous en cliquant ici pour laisser un commentaire en utilisant votre pseudo. Si vous ne vous loguez pas, votre commentaire n'apparaîtra qu'en ANONYME.
    Sur scène
    • Une Puce, épargnez-la Théâtre Comédie française - Théâtre Ephémère Paris > Réserver
    • Jean Louis Fernandez Temps Théâtre
      Théâtre contemporain
      Théâtre national de Chaillot Paris > Réserver
    • Contre Les Bêtes Théâtre Maison de la poésie Paris
    • Caroline Vigneaux Quitte La Robe Théâtre
      One man show
      Palais des Glaces Paris > Réserver
    • How To Become Parisian In One Hour ? Théâtre
      One man show
      Théâtre de la Main-d'Or Paris > Réserver
    • David Buniak - Plein de vies Théâtre
      One man show
      Théâtre de Dix-Heures Paris > Réserver
    • Tezuka Productions Sidi Larbi Cherkaoui - TeZukA Danse Grande Halle de la Villette Paris > Réserver
    • Blaze Danse Le Grand Rex Paris > Réserver
    • Bernt Uhlig / Opéra national de Paris Ballet De L'Opéra National De Paris : Sasha Waltz Danse Opéra-Bastille Paris > Réserver
    > Tous les spectacles à l'affiche
    Coups de coeur
    • Fred Kihn Réserver Une Mouette Théâtre
    • Réserver Si ça va, bravo Théâtre