Maldito sea el hombre que confía en el hombre : un projet d'alphabétisation
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La critique de Pariscope
( Hélène Kuttner )- L’an dernier, Angélica Liddell, auteur, actrice, performeuse, danseuse, avait enflammé le festival de son cri douloureux et sa révolte enfiévrée avec deux spectacles chocs, « La Casa de la fuerza » et « El ano de Ricardo ». On y découvrait une Espagnole mettant la scène et son propre corps à feu et à sang, se mutilant dans une démarche sacrificielle. La cuvée 2011 d’Angélica est plus soft. Elle a maîtrisé sa violence physique, mais sa rage et son énergie sont bien là au fil d’un –trop !- long abécédaire où cette « sociopathe sous contrôle », comme elle se désigne elle-même, hurle sa haine de la société, de la famille, des enfants, de la religion en général et des mâles violeurs en particulier. « A » comme argent, « E » comme enfant, «R » comme rage, « H » comme haine, « F » comme famille, creuset de la barbarie… Accompagnée de son double féminin Lola Jimenez, accueillant au passage des acrobates chinois qui enchaînent avec virtuosité quelque saltos en décompressant l’atmosphère, Liddell, militante de la solitude, éructe de tout son corps l’hypocrisie du bien, la pensée consensuelle des adultes, la culture, le président de la France, qu’il faudrait supprimer comme on coupait la tête des rois en 1789. Son cri, amplifié par des micros, est interrompu à plusieurs reprises par un impromptu de Schubert joué par un piano électrique, une ode de Purcell, « Porque te vas » de Cria Cuervos ou « Paint in black » de Mick Jagger. D’ailleurs, la scène elle-même représente un jardin, une cour d’école plantée d’arbres en carton et jonchée de lapins en plastique, un éden paradisiaque et factice que des grappes de petites filles en robe blanche viennent fouler en dansant au début du spectacle. Au final, oreilles géantes de lapin, sculptures dégoulinantes de sang, cadavres échoués sur le piano, l’enfance n’est pas une promesse de bonheur et tout espoir est voué à l’échec. Les fans d’Angélica y retrouveront sa révolte d’asociale. Les autres s’ennuieront par manque de substance.
La critique de Le Monde
( Fabienne Darge )- [...] A comme argent, E comme enfant, L comme loup, M comme méfiance, R comme rage, S comme société, etc. L'alphabet de cette "sociopathe sous contrôle", comme elle se définit, déroule toutes ses obsessions, sur un plateau habité de manière furieuse par ces performeurs hors pair que sont Angélica Liddell et ses compagnons. [...]
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