Salle Des Fêtes
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La critique de Pariscope
( Marie-Céline Nivière )- C'est kitschissime à souhait ! Papier peint par endroits, couleurs criardes à d'autres, au sol un vieux parquet ou du lino, une table, quelques chaises, un comptoir, des tabourets en skaï rouge, des seaux en plastique… Un univers familier pour ceux qui fréquentent le petit monde des Deschamps-Makéïeff. Quant aux personnages, leurs costumes sont à l'unisson. Les blouses ont été troquées contre des vêtements vintage, très fin 70-début 80. Tout cela est l'œuvre déjantée de Macha Makeïeff, qui a élevé au rang d'art le « ringard ». Le Macumba est un lieu perdu au fin fond de nulle part. On imagine une banlieue où l'ancien est détruit pour laisser place au moderne. La tenancière en est Madame Cravotta. Nous l'avons bien connue lorsqu'elle était serveuse au « Lapin chasseur ». De cette époque, elle a gardé cette gestuelle inénarrable. Lorella Cravotta, épatante, est dans le ton des anciens spectacles. Son personnage est attendrissant, maternel, tyrannique et cruel. Madame Cravotta a des rêves artistiques et désire faire de la dernière soirée du Macumba une belle fête. Ce n'est pas gagné car elle est entourée de « bras cassés ». Gaël Rouilach est un guitariste chevelu à deux de tension, Catherine Gavry, une soprano colorature qui se prend pour Joan Baez, David Déjardin, un petit pantin élastique danseur de disco, Pascal Ternisien, un grand Pierrot lunaire admiratif de la patronne, Hervé Lassïnce, toujours aussi nonchalant. Et puis il y a la révélation : Tiphanie Bovay-Klameth, dans le rôle de la bonne, gironde et malhabile, est épatante. Ce spectacle est plus musical que les précédents, c'est même là sa plus grande force. Mais on retrouve toute la folie de Jérôme Deschamps : bruit de verres, gestuelles, onomatopées, grandes traversées de plateau… Ce spectacle a des allures de montagnes russes, avec des hauts et des bas. Mais quand les hauts atteignent leur sommet, ils sont réjouissants.
La critique de Paris Match
( Gilles Costaz )-
Paumés, hagards, gauches, mal fringués, décoiffés, balbutiants, titubants, les Deschiens font partie des stars préférées des Français. Ridicules et adorés ! Mais, s’ils sont tant aimés, c’est qu’ils ne sont pas aussi risibles qu’on le dit. On se reconnaît tous dans les Deschiens. Au moment où ils reviennent dans un nouveau spectacle – « Salle des fêtes » - le constat s’impose : nous sommes tous des Deschiens ; leurs créateurs les ont faits à notre image ! Dans ce nouvel épisode, des filles et des garçons noyés dans leurs rêves tournent autour d’un bar minable et sur une piste de danse démodée. « Les doux égarés jouent la fête avec l’application cruelle des clowns ; leur petit inventaire leur fait comme un miracle », écrit Macha Makeïeff.
Macha Makeïeff et Jérôme Deschamps ! Les parents des Deschiens ! Un couple que tout oppose et réunit. Elle, petite, élégante, la grâce même. Lui, forci, faubourien, le rire même. On ne sait plus quand ils se sont rencontrés mais, depuis que la jonction a eu lieu, ils ne se sont plus quittés. Ils ont amplifié la vie et le mythe des Deschiens dans tous les théâtres de France, au Festival d’Avignon et à travers le monde. […]
La critique de Télérama
( Fabienne Pascaud )- [...] ces oubliés de la grande consommation, de l'hyperlibéralisme essaient confusément de communiquer au moins entre eux, de se donner de petites joies à leur modeste mesure. Alors, dans le géant espace ingrat -mi-salle polyvalente municipale, mi-hospice, tout pétarade. Vieux tubes, vieilles rengaines, vieux gags. Mais pas suffisamment pour couvrir les bruits mystérieux et menaçants du dehors : un monde encore plus dur s'annonce à coup de perforeuse. Dans leur ultime concert-théâtre, Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff usent à la fois de plus de tendresse et de stridence que d'habitude. Tout semble pareil et tout pourtant est décalé. Car la violence se devine plus méchante encore au-dehors et leurs personnages encore plus jeunes, plus fragiles autour de la formidable Lorella Cravotta. Il faut ici farouchement jouer sa vie pour ne pas disparaître, et s'amuser pour ne pas mourir.
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