Yerma

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La critique de Pariscope

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  • Il faut un sacré talent pour libérer tous les arômes de la langue de Garcia Lorca, gorgée d’odeurs de terre et de sang, étourdie d’absolu et de désir. Coraly Zahonero (Yerma) a cette force-là. Vivace beauté, fraîche comme la rosée à l’orée de l’avenir, elle se lézarde peu à peu, griffée par les regards aiguisés sur les méchantes pierres de la malveillance, lentement écorchée vive par l’acide de sa souffrance. La comédienne tient ensemble le lyrisme et la blessure, la résolution et la révolte, l’honneur et l’audace, avec une fragilité indestructible. Laurent Natrella (Juan) lui renvoie sa tendresse maladroite, son égoïsme bourru, cloîtré qu’il est dans son impuissance à comprendre et délier ses sentiments. Pour mettre en scène ce drame rural de haute tension, le compositeur toulousain Vicente Pradal a choisi de ne pas traduire les parties versifiées, chantées en une prosodie Flamenco par Alberto García et Paloma Pradal, accompagnés au piano par Rafael Pradal. Une affaire de famille donc, mais qui charge la mise en scène, tristement conventionnelle, d’Espagnolades bien inutiles. Heureusement, les acteurs sont là !

La critique de Pariscope

( Arlette Frazier )
  • Ecrite en 1934 par Federico Garcia Lorca, «Yerma» fait partie d'une trilogie rurale. La pièce suit «Noces de sang» et précède «La maison de Bernada Alba» écrite en 1936, année funeste avec la mort de Lorca fusillé par les Franquistes.Yerma est une jeune femme mariée à Juan, un homme qu'elle n'a pas choisi. Après plusieurs années de mariage, elle n'a toujours pas d'enfant. Elle souffre de cette situation, une honte et un déshonneur qui la conduiront de la folie au meurtre de cet époux incapable de lui donner un enfant. Au cœur de cette violence rouge et noire, deux grands comédiens, Laurent Natrella et Coraly Zahonero. Lui, un rustre qui ne pense qu'à son travail, sombre, buté, jaloux, qui ne comprend pas sa femme. Elle, fine silhouette vêtue de noir, minée par sa stérilité, bouleversante dans la douleur comme dans la sensualité dans cette danse au rite païen, un combat entre la Femelle et le Diable avec la complicité de Sharhrokh Moshkin Ghalam, aussi bon danseur que comédien. Première mise en scène de théâtre pour Vincente Pradal, avant tout musicien et compositeur, mais parfait connaisseur de l'œuvre de Lorca. Il a donné volontairement à cette représentation une couleur très andalouse, associant aux comédiens ses enfants, son fils Rafael, au piano, sa fille Paloma, chanteuse et danseuse flamenca et un second chanteur flamenco, Alberto Garcia. Le spectacle réussi rend hommage à l'écrivain, on y retrouve le désespoir et l'âpreté de l'univers de Lorca dont l'œuvre poétique et théâtrale fut interdite en Espagne jusqu'à la mort de Franco.
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