Dopo la battaglia (Après la bataille)
Théâtre critiques
du 28/03/2012 au 31/03/2012La critique de la rédaction
Ses spectacles sont des écorchures vives à la face du monde, des puits de douleur et de beauté mêlées, des éclats de poésie scénique palpitante, des cris de révolte et des nappes de douceur. Des chocs esthétiques et émotionnels. Les spectacles de Pippo Delbono sont, chaque fois, un bouleversement. Un ravalement intérieur. Un éclairage cru sur l’état de l’homme et du monde. Une mise à nu en miroir de nos propres failles, des zones obscures alentours. La formule ne change pas mais elle n’est en aucun cas procédé. Au contraire, Pippo Delbono semble gagner à chacune de ses créations en fluidité, en liberté. Quant à sa faculté d’imagination, ce don qu’il a de créer des situations théâtrales inédites, des tableaux visuels fascinants, des contrastes vertigineux, ils sont intacts, toujours vifs, vivants, renouvelés. « Dopo la battaglia » (« Après la bataille »), sa dernière pièce, brasse tant de motifs théâtraux (dénonciation de la politique italienne, hommage à la chorégraphe Pina Bausch, citations de sa mère, extrait du « Procès » de Kafka, poèmes italiens, vidéos en hôpital psychiatrique, morceaux de violon ou musique du générique du « Pinocchio » de Comencini…), que l’on pourrait la croire sans queue ni tête si l’ensemble ne nous entraînait dans sa course folle, ronde effrénée de colère et de joie qui nous fait oublier la recherche d’un sens unique. On est littéralement happé, étreint, secoué par ce trop plein, ce débordement d’émotions contraires et salutaires. Pippo Delbono est là, comme à son habitude, parmi nous ou sur scène, dansant ou éructant des poèmes, guide magnifique d’une troupe hallucinante : Nelson, Gianluca, Bobo… Ils sont tous là et on les retrouve comme de vieux amis, encore surpris par l’évolution de leur jeu, le déploiement de leur talent. Ils font partie de l’œuvre du metteur en scène italien autant qu’ils font partie de notre vie. Pippo Delbono est un artiste extraordinaire et ses spectacles sont à son image.
Marie Plantin
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- Le Monde-Fabienne Dargecritiques
[...] Une nouvelle fois, avec son dernier spectacle, "Dopo la battaglia" (Après la bataille), l'homme de théâtre italien oppose à la normalisation générale, à l'aliénation robotisée, la beauté libertaire de son théâtre, qui redonne en cadeau au spectateur une humanité fragile et indissoluble - indissoluble parce que fragile. [...]





