L'Île Des Esclaves
World critiques
La critique de la rédaction
Voilà une bien belle « Ile des esclaves » ! Tout dans la mise en scène de Stéphanie Chévera, la scénographie, d’une précision et d’une inventivité, la direction d’acteur, nous a régalés. Sur la scène, un ponton de bateau de luxe échoué, un piano à queue accroché au pont. Magnifique décor de la scénographe Caroline Ginet. A terre, cannes de golf, raquettes de tennis, coupes de champagne… tout est cassé ! La croisière ne s’amuse plus. Maîtres et serviteurs se sentent bien démunis. Le cauchemar ! Puis une lumière, un air de fête… Mais ce n’est pas le gentil organisateur qui surgit, c’est Trivelin, qui annonce la nouvelle règle du jeu. Les maîtres deviendront esclaves et inversement. Stéphanie Chévera, s’amusant avec les codes, au travers de musiques et de costumes (Anne-Cécile Le Quéré) années 70, laisse la parole à Marivaux. Et on l’entend fort bien. C’est remarquablement joué, jamais les comédiens n’appuient, ne forcent, ce qui aurait tiré tout cela vers la caricature. Rachel Arditi, Emmanuelle Bougerol, Gérald Cesbron, Sylvain Ferrandes, Hocine Choutri et Françoise Boisseau sont dans la nuance et la sincérité. C’est à Gentilly, dans un adorable petit théâtre de poche, c’est aux portes de Paris, et c’est jusqu’au 10 avril.
Marie-Céline Nivière
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- Corinne Denailles:
Dans le théâtre de Marivaux, véritable miroir du monde, les hommes se travestissent pour mieux révéler leur vraie nature. Naufragés sur une île, un maître et son valet se retrouvent en Utopie, un univers où les rôles s’inversent et où les hommes, au prix de quelques petites douleurs d’orgueil, finissent par se parler sur un pied d’égalité et d’amitié. Dans son théâtre miniature, Stéphanie Chevara, encore une fois, fait des merveilles. Une vraie tempête qui laisse sur le flanc des épaves de bateau et de piano encastrées, de la musique et des chansons décalées qui parlent d’îles et d’argonautes, un théâtre en liberté, vif et déluré sans outrances, servi par des acteurs épatants. On retrouve avec plaisir Emmanuelle Bougerol (Molière de la révélation théâtrale 2005), un concentré d’énergie, une vivacité de jeu alliée à une palette d’expressions impressionnante.





