Les Combustibles
World critiques
La critique de la rédaction
Doit-on vénérer les livres au point de les laisser prendre la poussière dans une bibliothèque ? Doit-on parler d'une certaine littérature et en lire une autre en cachette ? Pour régler ce débat, Amélie Nothomb n'y va pas avec ménagement, puis qu'il est question d'un grand autodafé. Ici on ne brûle les livres que par nécessité, mettre du « Combustible » dans un poêle. Dehors c'est la guerre. Depuis deux ans, les barbares assiègent la ville et la pilonnent. On a faim et, comme c'est l'hiver, on a très froid. Daniel et Marina, jeunes étudiants, trouvent refuge chez leur professeur de littérature. Ils vont répondre à la question : quels livres aurons-nous le moins de scrupules à détruire ? Ils seront rarement d'accord. Le drame se passe dans la bibliothèque, qui se réduit au fil des actes, travail admirable de Sophie Jacob. Le professeur, bougon, peu scrupuleux, est interprété par l'excellent Michel Boy, qui sait user avec beaucoup d'humour de sa voix envoûtante. Dans le rôle de Daniel, l'élève bien caler dans ses certitudes, Gregory Gerreboo, droit comme un I, fait une proposition très juste. Julie Turin donne beaucoup d'humanité au personnage de Marina, la jeune fille délicate, dont le seul désir est d'avoir chaud. Stéphane Cottin a réglé ce combat avec une grande intelligence, comme un tango déchirant, comme un livre déchiré.
Marie-Céline Nivière
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critiques
La guerre. Une protection : les livres. Ils servent de porte, de fenêtre, de bibliothèque, de chaises et de table au professeur et aux deux étudiants qu’il a recueillis chez lui. Mais que se passe t-il quand, petit à petit, ils partent en fumée… Pour réchauffer les corps, les esprits se glacent et vont finir par se briser. La langue affûtée, sarcastique, mordante d’Amélie Nothomb ne perd pas dans cette pièce unique de l’auteur, de sa verve pleine d’humour acide et trouve en Michel Boy (le Professeur) un interprète truculent. Les jeux de mots, les répliques corrosives, les réparties fougueuses résonnent dans cet espace, qui peu à peu se vide de toute trace humaine, en toute virulence. Et nous déroutent aussi comme dans la scène très réussie où le professeur fait des avances à une Marina (Julie Turin), pleine de justesse. Les pics indomptables virevoltent comme des uppercuts et nous atteignent de plein fouet. Ça fait très mal…
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