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Tout le monde est d’accord. Goldfinger est le meilleur film de la saga Bond. Celui qui fait rentrer 007 dans les sixties; le plus cool et le plus spectaculaire (la fille recouverte d’or, c’était là); le film qui contient les idées de cinéma les plus folles et accueille le meilleur méchant de la série, un milliardaire obsédé, mû par un sadisme et une mégalomanie effrayants. En 1962, Gert Frobe et son accent autrichien incarnaient l’alpha et l’omega du méchant bondien pour les 50 ans à venir. Rien que ça !

Ce qu’on sait moins, c’est que dans sa première version du roman, Ian Fleming avait appeler son méchant Goldprick (au choix : “piqué par l’or” ou “bite en or”), avant de finalement changer pour Goldfinger. Et pas par hasard : dans les années 30 et l’immédiat après-guerre, un architecte hongrois a progressivement défiguré le centre de la city londonienne en imposant ses constructions modernes qui flirtaient avec le surréalisme et les délires du Bauhaus. Des âmes bien-pensantes se sont vite élevées contre ce carnage urbain et parmi elles, Ian Fleming. Le créateur de 007 signa de nombreuses pétitions pour arrêter le massacre orchestré par cet architecte. Son nom ? Ernö Goldfinger... En découvrant le nom du méchant, Goldfinger menaça de poursuivre Fleming en justice, et se ravisa au dernier moment. Grand prince, Fleming lui envoya six exemplaires du roman. Dédicacés.