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Rencontre avec un designer de chez Lego, qui a travaillé sur le film.

Si vous avez des enfants ou que vous êtes resté obsédé par les Lego depuis votre plus tendre enfance (ce qui arrive à des gens très bien), vous n'avez pas pu passer à côté de Ninjago. Une création de l'entreprise aux briques jaunes née en 2011, dérivée en série télé à succès et en long-métrage depuis ce mercredi. L'homme derrière Garmadon, Lloyd, Kai, Jay et les autres, celui qui vous fait dépenser des sommes déraisonnables à Noël et aux anniversaires, c'est Leonardo Lopez. Un Français de 38 ans exilé au Danemark, où se trouve le siège de Lego. Depuis bientôt trois ans, il s'occupe d'imaginer les séries de jouets Ninjago qui continueront d'alimenter la gamme best-seller. "Mon titre officiel, c'est senior designer. Je construis des modèles et je m'occupe de l'assemblage de A à Z jusqu'à ce que ça termine dans une boîte", nous explique-t-il au téléphone. "Et dans l'équipe de Ninjago, je m'occupe aussi des nouveaux éléments. Ça ne veut pas dire que je fais chaque design, mais je mets les bonnes personnes autour de la table pour que ça arrive".

Pour les besoins du film, lui et son équipe ont travaillé en étroite collaboration avec l'entreprise australienne Animal Logic, en charge de l'animation. Car la charte Lego est on ne peut plus stricte : interdiction de faire faire aux personages des choses qui seraient impossibles pour leur équivalent en jouet. "Rien dans le long-métrage n'est aberrant ou ne fonctionnerait pas en vrai. Il y a quelques différences entre les modèles sur grand écran et les versions boîtes, mais elles sont logiques. Prenons le robot de Kyle : si on avait voulu le refaire à l'identique, il mesurerait entre 60 et 80 cm de haut. Un modèle gigantesque, qu'on pourrait vendre, mais à un prix exorbitant. Le niveau de détails du film est également plus poussé, car sur l'écran on voit tout, la caméra tourne à 360 degrés".

Lego NinjaGo : un film sympathique mais qui ne casse pas des briques

Pour parvenir à un accord satisfaisant tout le monde, les animateurs comme les créateurs de Lego, il a fallu "beaucoup échanger". Leonardo Lopez se souvient avoir "complètement accompagné le développement" et envisagé la chose comme "un partenariat : ils venaient avec des idées, on renchérissait dessus, on dialoguait… Ils avaient le savoir sur la 3D et la façon de faire un film, de nôtre côté on savait tout sur Ninjago. Ça marchait dans les deux sens".

Lors de la projection privée du long-métrage à laquelle les collaborateurs de Ninjago ont eu droit, l'ambiance était survoltée : "Il y a eu des cris dans la salle ! Voir les modèles sur lesquels j'ai travaillé prendre vie, c'est formidable. On est resté jusqu'au générique de fin pour voir les noms des collègues. Tout le monde a explosé de joie. On est après les grandes stars, mais quand même !"

Quand on l'interroge sur l'immense succès de Lego Ninjago, Lopez n'a pas vraiment d'explication : "Je n'ai pas la réponse exacte, nous-même on ne sait pas ! On peut tout de même émettre des hypothèses : ce sont personnages auxquels les enfants peuvent s'identifier, avec une identité et un passé différent ; c'est un univers fantastique… Je crois que ça fait appel à leur imagination. La série et maintenant le cinéma ont également aidé. On a tout développé en même temps, c'est cohérent. Un enfant se plonge dans ce monde à la télévision et il peut le rejouer quand il a éteint son écran. La boucle est bouclée".

Lego Ninjago, en salles depuis le 11 octobre. Bande-annonce :