DR E. Carecchio

Ciboulette - Critiques presse

La critique de Pariscope

( Hélène Kuttner )
  • Paris redécouvre aujourd’hui l’opérette ainsi que le compositeur Reynaldo Hahn, brillant pianiste et mélodiste, ami de Marcel Proust, qui disparut en 1947. Le musicien se lança d’ailleurs très tard, à 48 ans, dans ce genre plus léger et en 1923 « Ciboulette » eut un tel succès que le poète Jacques Prévert et le cinéaste Claude Autant-Lara en firent un film dix ans plus tard. Il fallait, dans l’entre deux guerres, concurrencer la comédie musicale américaine dont la popularité grandissante déferlait sur l’Europe. L’histoire ? Elle se déroule dans le quartier des Halles à Paris. L’héroïne, Ciboulette, en est la mascotte, une jeune et jolie maraîchère dont Antonin de Mourmelon, un fils à papa déjà cocu et un peu niais, va s’éprendre à la folie tandis que la jeune fille, rentrée chez son oncle dans sa campagne d’Aubervilliers, doit choisir entre huit soupirants ! C’est sans compter le contrôleur Duparquet, véritable philosophe de l’amour et conseiller sentimental d’Antonin, qui agira en véritable magicien des cœurs. De l’amour, du muguet, des choux de Bruxelles, des carottes, des poireaux et du champagne, deux cœurs tendres et un vieux sage mélancolique battant le pavé des quartiers populaires, tels sont les ingrédients de cette fantaisie signée Robert de Flers et Francis de Croisset très subtilement mis en musique par Hahn. Il fallait un homme de théâtre comme Michel Fau pour mettre en scène tout ce petit monde avec une tendresse et une sincérité touchante. La scénographie emprunte autant aux cartes postales sépia de la belle époque qu’aux photographies en noir et blanc des banlieues encore rurales, et les costumes stylisés jouent des contrastes de gris ou des couleurs plus tranchées. Quant à la distribution, elle est irréprochable. Julie Fuchs, ravissante et sensuelle Ciboulette, a un timbre de voix éblouissant et une présence scénique magnétique : une belle promesse pour celle qui fut « révélation lyrique de l’année aux Victoires de la Musique 2012 ». Julien Behr, jeune ténor, incarne le personnage d’Antonin avec une naïveté, un charme et un aplomb plus vrais que nature et le baryton Jean-François Lappointe irradie de romantisme dans le rôle de Duparquet. Retenons aussi Eva Ganizate, qui chante Zénobie, la grande Bernadette Lafont en poissonnière diseuse de bonne aventure et Michel Fau, en personne, dans le rôle de la Comtesse ! Il faut dire que la direction d’orchestre de Laurence Equilbey, qui a savamment collaboré au projet, se révèle tout à fait réjouissante à la tête de l’Orchestre de l’Opéra de Toulon. Une belle réussite.
Sur scène
  • Lacenaire Théâtre
  • Dernier coup de ciseaux Théâtre Théâtre des Mathurins Paris > Réserver
  • Coup de Theatre(s) Théâtre
    Boulevard et comédie
    Théâtre de la Gaîté-Montparnasse Paris > Réserver
  • Michel Boujenah - Ma vie (autobiographie imaginaire) Théâtre Espace Salvador-Allende Palaiseau > Réserver
  • Michaël Hirsch - Pourquoi ? Théâtre Théâtre les Déchargeurs Paris > Réserver
  • Jarry - Atypique Théâtre
    One man show
    Théâtre Trévise Paris > Réserver
  • Ballet de l'Opéra de Lyon : William Forsythe - Limb's Theorem Danse Maison des arts Créteil
  • Josef Nadj - Paysage inconnu Danse
  • William Forsythe - Legitimo/Rezo Danse
> Tous les spectacles à l'affiche
Coups de coeur
  • Réserver Le Tour Du Monde En 80 Jours Théâtre
  • Une semaine... pas plus ! Théâtre