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Olga

Le sport de haut niveau est tout sauf une bulle fermée au monde extérieur. On l’a encore vu cet été avec la sprinteuse bélarusse Krystsina Tsimanouskaya qui, à l’issue des JO de Tokyo, a refusé de rentrer dans son pays par crainte pour sa sécurité. Impossible de ne pas y penser en découvrant ce premier long métrage d’Elie Grappe, découvert à la Semaine de la Critique.

Thierry Chèze
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Memoria

Au cinéma, on voit beaucoup, on écoute moins. Le son est le parent pauvre d’une image qui lui est supérieure par nature, le cinéma ayant été d’abord muet. Godard ou Duras, on plusieurs fois remit en cause cette hiérarchie, obligeant le spectateur à dresser l’oreille pour mieux appréhender un monde volontairement asynchrone. C’est un bruit, un « bang » qui envahit tout le cadre de Memoria. Jessica Holland (Tilda Swinton, magnétique), Anglaise exilée à Bogotà l’a entendu et cherche à en retrouver la trace, la nature. L’invisible doit donc s’incarner pour exister.

Thomas Baurez
Les Magnétiques affiche
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Les Magnétiques

Les Magnétiques propose un voyage de 30 ans en arrière. 1981. Une petite ville de province. Deux frères, le timide Philippe (Thimotée Robart, incandescent) dans l’ombre du charismatique Jérôme dévoré par ses démons intérieurs. Le garage paternel. La menace du service militaire obligatoire. Une radio pirate installée dans le grenier d’un bar. Telle est la base de ce premier long primé à de la Quinzaine des Réalisateurs sur laquelle Vincent Maël Cardona déploie un récit très riche dont chaque composante nourrit harmonieusement l’autre.

Thierry Chèze
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Oranges sanguines

En 2016, Jean-Christophe Meurisse imposait son univers absurde et hilarant avec Apnée, film à sketches en roue libre qui dézinguait le monde moderne. Le réalisateur et fondateur de la troupe des Chiens de Navarre trace son sillon avec le non moins dingo Oranges sanguines, articulé autour de trois histoires a priori déconnectées : un couple de retraités surendettés tente de remporter un concours de rock ; une ado veut avoir sa première expérience sexuelle et tombe sur un psychopathe ; un ministre empêtré dans une affaire de fraude fiscale.

François Léger
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Elles dansent

Aude, ancienne notaire, a quitté son étude pour embrasser sa passion, la danse. Mais pas n'importe comment, ni n'importe où : elle se balade costumée dans un service de cancérologie, et dirige dans le même temps un cours de danse composée de survivantes du cancer. Le sujet est fort, et pourrait basculer dans le cru ou la poésie mal placée. Heureusement, rien de misérable, ni de voyeuriste là-dedans. Mais ce petit docu, joli et sage, manque peut-être trop de cinéma (par pudeur, peut-être) pour sortir de sa forme de court reportage du week-end.

Sylvestre Picard
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Empathie

Ce documentaire est un cas d’école. Le type même du film pétri des meilleures intentions qui donne furieusement envie de penser l’inverse de ce qu’on nous y assène. Passons sur la banalité de sa réalisation et l’insupportable musique qui l’accompagne, le problème se situe bien au- delà. Dans Empathie, le réalisateur Ed Antoja se met en scène en pleine immersion dans le monde de la cause animale et du véganisme, où tout amateur de viande est le grand Satan.

Thierry Chèze
Aline affiche (avec Valérie Lemercier)
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Aline

Tout le monde déteste les biopics. Le genre a beau avoir engendré des chefs-d’œuvre (Raging Bull), des triomphes populaires (La Môme), des petits classiques (Walk The Line), il a beau valoir chaque année des brouettes d’Oscars à ses interprètes grimés et perruqués, on se pince tous automatiquement le nez dès qu’il est question de biographical pictures.

Frédéric Foubert
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A good man

Marie- Castille Mention- Schaar aime les sujets de société. Après la question de la transmission des horreurs commises par les Nazis (Les Héritiers) et la radicalisation islamiste des ados occidentales (Le ciel attendra), elle raconte le désir d’enfant chez un transsexuel encore en phase de transition qui décide de porter celui qu’il aura avec la jeune femme partageant sa vie depuis 6 ans, infertile.

Thierry Chèze
Cry Macho affiche
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Cry macho

La bande-annonce de ce film était parfaite. Belle à pleurer. Ce titre, déjà, Cry Macho, qui fout les frissons et résume un parcours, comme des mots gravés sur une pierre tombale. Les dialogues, énoncés d’une voix sépulcrale, qui sonnaient comme un commentaire définitif sur la légende eastwoodienne (« This macho thing is overrated »). Et puis cette gueule, émaciée, celle d’une superstar de 91 ans, la plus endurante de l’histoire du cinéma. Cette mise en bouche était en fait tellement efficace que le film, à côté, paraît presque superflu.

Frédéric Foubert
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Marcher sur l'eau

L’écologie inspire un nombre croissant de cinéastes avec pour résultat des films engagés, éminemment sincère mais manquant souvent de cinéma, comme prisonniers du message à faire passer. Aïssa Maïga évite non sans superbe cet écueil- là avec ce long métrage documentaire pour lequel elle a posé sa caméra pendant deux années dans un village nigérian, victime du réchauffement climatique. Puisqu’il faut désormais des kilomètres pour aller puiser l’eau, ce qui désorganise la vie de tous, à commencer par les enfants trop épuisés pour suivre une scolarité normale.

Thierry Chèze
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Tre piani

Nanni Moretti adapte le roman « Trois étages » de l'Israélien Eshkol Nevo et le transpose de Tel Aviv à l'Italie. Dans un immeuble romain cossu, trois familles vont vivre des histoires qui finiront par s'entremêler. Après un accident de voiture mortel, le film suit une femme enceinte dont le mari n'est jamais là et qui craint de devenir dingue, avant de s’attarder sur les affres d’un homme qui soupçonne son vieux voisin d'avoir agressé sexuellement sa fille...

Gael Golhen
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Baracoa

Honnêtement, le début de ce documentaire situé à Cuba fait un peu bailler d'ennui : justement, la caméra traîne avec deux gamins qui jouent et se chamaillent entre deux terrains vagues, sans autre but que de faire passer l'enfance.

Sylvestre Picard
Affiche_La Déesse des mouches à feu
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La Déesse des mouches à feu

Au cœur des années 90, Mia vit une adolescence très sex, drugs & grunge…n’roll, alors que ses parents sont en pleine séparation. Ne quittant jamais ces santiags rouges, elle se rêve en héroïne de Pulp fiction, a pour livre de chevet Moi, Christina F, droguée, prostituée et le béguin pour un beau blond au look de Kurt Cobain. Anaïs Barbeau- Lavalette raconte sa rébellion et sa lente dérive vers des addictions de plus en plus fortes.

Thierry Chèze
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Une vie démente

Arriver après The Father et Tout s’est bien passé, autres films centrés sur des personnages perdant peu à peu leurs capacités physiques ou cognitives joue contre ce premier long métrage d’Ann Sirot et Raphaël Balboni. Ceux- ci mettent en scène une collectionneuse d’œuvres d’art à la soixantaine flamboyante dévorée par Alzheimer et les dommages collatéraux de cette maladie incurable sur son fils et sa compagne qui tentent au même moment d’avoir un enfant.

Thierry Chèze
Passing, de Rebecca Hall affiche
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Clair- obscur

En ces temps où la question de l’identité divise autant et les accusations d’appropriation culturelle se multiplient, le geste de Rebecca Hall de s’emparer d’un tel sujet pour son premier film a quelque chose de chevaleresque.

Thierry Chèze
Affiche_Many Saints Of Newark - Une histoire des Soprano
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Many Saints of Newark- Une histoire des Soprano

Quatorze ans après un final fracassant, David Chase rouvre le dossier Soprano pour raconter la jeunesse de son héros mafieux. On redoutait le fan-service. Mais c’est un post-scriptum envoûtant à « la plus grande série de tous les temps ».

Frédéric Foubert
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Les Eternels

Comment garder intacte la flamme du MCU ? Pendant la pandémie, les séries télé comme WandaVision et Loki ont maintenu les fans en éveil. Mais il faut faire revenir les fans au cinéma.

Sylvestre Picard
3 Les Eternels (Marvel)

Comment garder intacte la flamme du MCU ? Pendant la pandémie, les séries télé comme WandaVision et Loki ont maintenu les fans en éveil. Mais il faut faire revenir les fans au cinéma.

Sylvestre Picard
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Pingouin & Goéland et leurs 500 petits

L’histoire d’un couple d’enseignants- résistants, Yvonne et Roger Hagnauer, fondateurs de la maison d’enfants de Sèvres pendant la Seconde Guerre Mondiale. Comment ils ont caché des enfants juifs à la barbe des pétainistes qui vantaient les mérites de leur internat, de quelle façon ils ont inventé une pédagogie active et aidé des centaines de gamins à se révéler de leurs traumatismes.

Sophie Benamon
Albatros affiche
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Albatros

Xavier Beauvois est de retour pour un film tourné près de chez lui, à Etretat, avec devant sa caméra sa compagne (Marie- Julie Maille, intense) qui est aussi sa co- scénariste et sa monteuse, leur fille et nombre de ses voisins, le tout nourri par les confidences de ses amis gendarmes sur leur quotidien… Ce quotidien, Beauvois le raconte et le filme aussi brillamment qu’il raconte le stress des agriculteurs de ce coin de France, étouffés par une crise qui les pousse à bout. Sa mise en scène est d’autant plus impressionnante qu’elle est invisible.

Thierry Chèze
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Burning Casablanca

Une scène d’ouverture comme échappée d’un Tarantino, un plan final à la Sergio Leone. Et entre les deux, une histoire d’amour tapageuse entre deux âmes perdues (une rock- star déchue et une fille de la rue) qui rappelle les Sailor et Lula de Lynch ou les Sibel et Cahit de Head- on.

Thierry Chèze
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Compartiment n°6

Tout commence comme dans un film de Pavel Lounguine. Une soirée dans un appart’ moscovite où les convives passent des vers d’Akhmatova aux verres de vodka. Des intellos bourrés et joyeux. Des bisous furtifs entre deux femmes. Et quelques heures plus tard on embarque dans un train pour le cercle Arctique avec l’une des convives de la soirée. Cette jeune étudiante finlandaise va se retrouver coincée dans un compartiment avec un russe aviné, agressif et bas du front… Ils vont partager ce lieu clos pendant des jours.

Gael Golhen
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Les Olympiades

On peut se régaler à voir un auteur creuser film après film le même sillon, pour tendre à la perfection. Avec Les Olympiades, Jacques Audiard signe un geste aux antipodes. Celui de renverser la table et de fendre l'armure. De remettre son titre en jeu mais allant batailler sur de nouveaux terrains.

Thierry Chèze
Affiche_Burning Casablanca - Zanka Contact
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Burning Casablanca- Zanka Contact

Une scène d’ouverture comme échappée d’un Tarantino, un plan final à la Sergio Leone. Et entre les deux, une histoire d’amour tapageuse entre deux âmes perdues (une rock- star déchue et une fille de la rue) qui rappelle les Sailor et Lula de Lynch ou les Sibel et Cahit de Head- on.

Thierry Chèze
Affiche_Careless Crime
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Careless crime

En 1979, six mois  avec la révolution islamique, l’incendie criminelle d’une salle de cinéma à Abadan à l’ouest de l’Iran, aurait précipité la chute du Shah. Si les véritables intentions des pyromanes n’ont été révélées, le bilan lui est connu : 478 morts. Ces informations le cinéaste Shahram Mokri (Fish and Cat, Invasion…) les place en exergue de son film.

Thomas Baurez
My Son - Christian Carion - Affiche
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My son

En 2017, Christian Carion emmenait Guillaume Canet dans la montagne avec l’idée d’avancer sciemment dans un brouillard scénaristique. L’acteur ne connaissait en effet rien de la progression du récit. En six jours, c’était bouclé. Vite fait, bien fait. Le cinéaste et son interprète jugeaient la chose suffisamment révolutionnaire pour en faire un outil promotionnel sur le mode « On est des foufous, hein ? » Une façon aussi peut-être, de justifier le manque d’épaisseur de l’ensemble. Rebelote aujourd’hui avec cette fois James McAvoy à l’aveugle.

Thomas Baurez
The French Dispatch affiche
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The French dispatch

Chacun a son Wes Anderson à lui. Il y a les fans des débuts : le charme pieds nickelés de Bottle Rocket, la neurasthénie du campus de Rushmore, la drôle de douleur familiale des Tennenbaums. Il y a les adeptes de l’orfèvrerie Darjeeling, du modélisme de la Vie aquatique, des miniatures laquées du Grand Budapest Hotel. Et puis les grands enfants, ceux qui s’émerveillent de sa veine animée (Mr Fox, l’Île aux chiens), voire (c’est plus rare, car nettement moins bon) l’hommage à Mark Twain Moonrise Kingdom.

Guillaume Bonnet
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Oray

Reparti de Berlin en 2019 avec le prix du meilleur premier film, Mehmet Akif Büyükatalay met en scène Oray, un musulman de deuxième génération installé en Allemagne, ex voyou qui s’est reconstruit en devenant un fervent pratiquant et dont le destin bascule, un soir d’emportement contre sa femme où il lui répète trois fois le mot « talâq ». Car ce geste synonyme de répudiation dans la loi islamique l’entraîne dès lors dans un tiraillement incessant entre son amour pour sa compagne et sa ferveur religieuse.

Thierry Chèze
Barbaque affiche
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Barbaque

Un couple de bouchers englué dans une vie trop bien rangée au milieu des escalopes de veau et des côtes de porc, vont réveiller leur commerce et leur libido en écoulant de la viande humaine. Leurs victimes, triées sur le volet, ont toutes la particularité d’être des militants végans. La clientèle bluffée par le goût succulent et si subtil de cette viande mystérieuse en redemande forcément, obligeant Sophie (Marina Foïs) et Vincent (Fabrice Eboué) à dézinguer puis saucissonner des pauvres bougres.

Thomas Baurez
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Même les souris vont au Paradis

Une jeune souris est tuée par un renard : dans l'autre monde, les deux animaux se retrouvent et doivent accomplir une série d'épreuves afin de mériter l'accomplissement.

Sylvestre Picard